Les Maux Camés

23 mai 2012

Le parfumeur et les 35 heures

 

Aux alentours de Grasse

Un nez faisait merveille

Ses parfums de belle race

Hantaient les cartes vermeilles

 

Ces dames emplies de tunes

Qui attiraient les rôdeurs :

Il aurait pu faire fortune

Las l’argent manque d’odeur.

 

C’est pourquoi jour et nuit

Il travailla les arômes

Jusqu’à ce jour inouï

Où s’écroula notre homme.

 

Obligé de respecter

La loi sur les 35 heures :

Il pourrait plus becter

Le marchand de senteurs.

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21 mai 2012

Un vers à pied

 

Pouet pouet !

Un vers qui traverse

Pirouette cacahuète

Et il pleut à verse.

 

Un vers qui passe

A l’orange

Cà nous dépasse

Et puis çà dérange.

 

Où va donc ce vers

Si pressé

Par la pluie d’hiver

Caressé ?

 

Pouet pouet

Rejoindre le sonnet

Du poète

Qui l’a klaxonné.

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19 mai 2012

Le proctologue

 

Son diplôme en poche

Il avait posé plaque

Prévenu ses proches

Il ouvrirait à Pâques.

 

Magazines et catalogues

Dans la salle d’attente

Le nouveau proctologue

La souhaitait épatante.

 

Pour accueillir les culs

Passablement endoloris

P’t’être d’avoir trop vécu

La gueule des coloris…

 

Pour sûr dira l’épilogue :

A Nogent le Rotrou

Le nouveau proctologue

Ferait à tous coups son trou.

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13 mai 2012

L’autre histoire de l’oncle Tom

 

On a souvent narré

L’histoire de l’oncle Tom

Aujourd’hui coup d’arrêt :

Sortie du second tome.

 

Tout envoyer paître

Avoir droit au chapitre

Il s’en sortirait peut-être

En se sortant les tripes.

 

C’est dans l’immobilier

Qu’il se déchaîna

Beaucoup pour oublier

Un peu pour le mécénat.

 

Vaille que vaille

Il s’essaya à la loc

Mais à la fin du bail

Il termina en loque.

 

Peut-être parce qu’au

Terme

Il avait toujours

Une case de vide.

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L’apprenti notaire

 

Sûr il avait fait

Une succession d’études

Tout quasi parfait

Sauf une inquiétude.

 

Car si question éthique

Il était d’attaque

En mathématiques

Il manquait de tact.

 

Ses études terminées

Il occupa la sienne

Bien déterminé

Derrière ses persiennes.

 

En maths c’était plié

Achevé les illusions

Il dut se contenter

De multiplier indivisions.

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02 mai 2012

Celui d’hypokhâgne

 

On l’appelait Barnabé

Il avait tant de lettres

Qu’il en épuisait l’alphabet :

Pourtant une sacrée palette…

 

Il rencontra à Revel

Une fleur de cocagne

Cynique mais si belle

Pour son pays d’hypokhâgne.

 

Il déploya force mots

L’alphabet en frémit

Il rêvait gosse et marmot

Prénommés Babeth et Rémi.

 

Le réveil fut douloureux

Elle le trouvait minable

Lui toujours amoureux

Et un peu trop fleur bleue.

 

 

Sans doute l’effet pastel…

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01 mai 2012

D’égouts et des couleurs

 

Perdre le goût

Goût de vivre

Et goût d’aimer

Via les égouts…

 

Seine de vie

Château de Vincennes

Chienne de vie

Couleurs pas saines.

 

Gris catacombes

Et goût d’obscène.

Abolir la pénombre

Et colorer la scène…

 

Fuir les émanations

Et dilater ses pupilles

De retour à Nation

Eveiller ses papilles.

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Au gré des Vosges

 

Au pays des Vosges

Roman eau de rose

Elle récurait auges

Et effets de cirrhose.

 

Il était dans le schiste

Lui jetez pas la pierre

Just’un peu masochiste

Il savait faire carrière.

 

Elle tenait buvette

Esprit pousse-rapière

En taillant bavette

Lui plutôt la pierre.

 

Las de ses simagrées

Il rêvait de sa Corse :

Alors travailler le grès

C’était plutôt de force.

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19 avril 2012

Le dernier barbier

 

Il ouvrait salon

A la barbe à la barbe

Il ouvrait selon

A la barbe de l’aurore.

 

Il attendait clients

Rasoir rasoir

Sur son fauteuil pliant

Désespoir désespoir.

 

Il les avait espérés

Si velus si velus

En avait transpiré

Le soir venu le soir venu.

 

La nuit était tombée

Hirsute hirsute

Sa journée plombée

Et zut et puis zut…

 

Il avait tout perdu

Jusqu’à la lotion du temps.

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15 avril 2012

La Madelon de la laine

 

Il l’avait aperçue

Dans l’arrière cuisine

Elle l’avait pas su

Son arrière cousine.

 

Elle faisait la popote

On aimait à l’usine

Confitures et compotes

De la belle Mélusine.

 

Son office terminé

Par une porte dérobée

Elle s’était acheminée

A la porte de Roubaix.

 

Il abandonna sa laine

Et puis contre nature

Courut à perdre haleine

La prendre en filature.

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